« C’est pas moi c’est les autres ! » Utiliser l’effet miroir

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Résoudre ses problèmes par soi-même

Nous sommes obligés de grandir. Nous avons créé une société d’humains en constante évolution, elle-même sur une planète en évolution non-stop depuis des millions d’années. Avec le temps, l’être humain grandit, vieillit et aimerait souvent vieillir moins vite. Les effets du temps, avec en bout de chemin la mort, constituent encore une des plus grandes peurs de l’humanité (même du haut de notre évolution du 21e siècle).

Quelque part au fond de nous, il y a peut-être encore cette envie de rester enfant, et si on le pouvait, de maitriser puis remonter le temps jusqu’à notre période bébé, où le moindre de nos soucis pouvait être résolu par la toute-puissance externe, papa et maman.

Mais le temps passe, papa et maman vieillissent, nos problèmes se résolvent de moins en moins vite et demandent de plus en plus d’actes pour les résoudre. C’est très frustrant, de voir nos problèmes s’empiler sans personne pour nous aider à les faire disparaitre.

Cette frustration nous pousse petit à petit vers 2 possibilités.

  1. Trouver la solution par moi-même au risque que ce soit difficile.
  2. Rester dans ma frustration jusqu’à ce que la solution me soit apportée par une toute puissance.

Dans le point 1, je grandis. Cette posture ressemble plus à celle d’un adulte responsable de ses actes qu’à un petit enfant. Je vais être forcé de développer mes compétences mentales, physiques, émotionnelle entre autres afin de changer la réalité qui m’est proposée. Je suis ancré sur la résolution de ma problématique au présent, mais je suis tourné vers le futur. Les émotions sont écoutées puis laissent place à l’action.

Dans le point 2, j’attends. Je retourne vers ma petite enfance, et accumule de la frustration de par cette impatience à ne jamais trouver mon sauveur. Les émotions sont tumultueuses et la colère peut vite nous emporter. Il sera alors extrêmement tentant pour notre égo de petit enfant d’accuser, de faire porter la responsabilité de ma frustration interne sur quelqu’un d’autre. D’utiliser ma peur de faire face comme moteur pour trouver un coupable externe quoi qu’il en coûte. Après tout, comme je ne suis qu’un petit enfant affaibli, sans défense et innocent, c’est forcément l’autre le méchant non ?

Cette tentation de désigner un coupable n’apportera qu’une satisfaction temporaire puisque le problème de départ lui, sera toujours là. On essaiera alors de trouver un autre coupable, etc.. Notre réalité se construit autour d’expériences qui nous sont proposées pour nous faire grandir. Nous n’avons pas d’autre choix. Je ne dépasse pas mon problème en trouvant un coupable à l’extérieur, mais en évoluant intérieurement, en utilisant le problème comme un tremplin pour m’aider à évoluer. La seule sortie possible est vers l’intérieur. Ainsi, je prends conscience de ce que la problématique m’a poussé à faire. La problématique devient force de proposition et je n’ai plus besoin d’une toute puissance extérieure puisque je la trouve à l’intérieur.

De cette façon on peut utiliser ce principe de l’effet miroir pour nous aider à évoluer en conscience, pour nous faire changer de posture face aux propositions (et non plus « problèmes ») du quotidien.

Ce qui m’énerve, ce qui me plait autour de moi sont des propositions qui font sens avec notre présent. La première tentation du « mais quel con lui ! » passée, on pourra analyser ce mécanisme au quotidien et en faire une véritable gymnastique. On pourra percevoir des miroirs de plus en plus subtils et symboliques. Ce qui m’énerve chez l’autre est une proposition d’évolution en moi, un miroir qui reflète ce que mon égo de petit enfant ne veut pas faire évoluer. Ce qui me plait chez l’autre est également en moi, et reflète une direction que je peux emprunter en conscience. Alors en fait pourquoi s’énerver ? Nous ne sommes pas si différents ! 😉

Exemple

(noms modifiés pour préserver l’anonymat)

Jean, qui, après des soucis de santé qui aujourd’hui s’améliorent, continue de se faire « cocooner » par sa femme (selon ses mots), au point de perdre petit à petit ses passions et ses envies puisque « tout est géré par sa femme » (repas, maladie, médecins, sorties, courses, etc..). La situation « lui convient ».

Plus tard en discutant, Jean me dit agacé que son petit-fils, qui a eu des soucis de santé à la naissance, est aujourd’hui « trop couvé par ses parents, il ne peut pas faire ses erreurs, ses expériences, sans avoir sa mère qui le cocoone pour tout ».

En prononçant ce mot, Jean prend conscience du miroir que représente la situation de son petit-fils, et comment il reproduit dans sa vie, un mécanisme qui l’agace à l’extérieur « le cocooning » (acte de faire un cocon autour de quelqu’un pour le protéger).

Il peut prendre conscience et rester en lien (voire remercier) cet évènement qui auparavant l’agaçait. Il y a de fortes chances que cela améliore également les relations avec le petit fils et ses parents.

Exercices

Regardez un film  avec votre chéri(e). A la fin du film, demandez-vous quelle scène vous avez adoré ? Puis quelle scène vous avez détesté ? Quel est la scène qui vous a le plus marqué ? Quel détail, quelle situation, quel dialogue, quelle expression vous a le plus marqué ? Puis comparez avec votre partenaire. Les réponses sont souvent différentes parce que les miroirs reçus sont différents. Ce sur quoi notre attention va être attirée correspond à ce qui se passe en nous, et nous allons tomber sur des miroirs qui font sens avec ce qui a besoin d’évoluer en nous.

Essayez ensuite cette même gymnastique dans les problèmes que vous rencontrez au quotidien, essayez de creuser la proposition derrière le problème pour voir vers quoi la vie vous demande d’évoluer. Votre lieu de vie, de travail, est aussi un excellent miroir ! Est-il en mauvais état, sale et bordélique, ou frais, ordonné, vivant ? A vous de regarder et au boulot !

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