Garder sa concentration

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La capacité à se concentrer est une compétence primordiale. Le combattant qui se déconcentre sera le premier à se faire toucher, le premier à échouer à son objectif de survie. Il doit constamment rester focalisé sur l’opposant, et puiser dans sa concentration pour ne pas être déstabilisé par des paramètres externes et internes.

Par exemple, on dit souvent qu’il ne faut pas regarder son opposant dans les yeux pour ne pas être dominé, ou prendre pitié de lui. Il ne faut pas être déconcentré pendant le combat par les cris, l’environnement, le vent, la pluie, les sons. Je ne peux pas être non plus perturbé par mes peurs, mes pensées, mes émotions lorsque je suis dans l’action. Lorsque je suis dans l’action, tout ce qu’il se passe à l’intérieur de moi est unifié vers un objectif bien précis, et plus je me concentre, plus cet objectif sera précis.

Dans le cadre du combat, c’est plutôt un objectif simple, dominer l’autre. Si je ne le domine pas, je suis dominé. Donc notre corps s’arrange plutôt bien pour focaliser notre attention (nous concentrer) sur ce qui est important, la survie. Il active automatiquement cette concentration, comme si c’était une compétence cachée. Beaucoup parlent de l’effet tunnel lié à l’adrénaline pendant une situation stressante. Les montées de rage donnent aussi cet effet de focalisation.

Mais et dans la vie de tous les jours, à quoi ça sert ?

Et oui, là, en écrivant cet article je ne suis pas en danger de mort, mais j’ai quand même besoin d’activer ma concentration. J’ai besoin de me concentrer sur le sujet de fond de mon article, sa composition, ses références. Je dois me concentrer pour ne pas regarder les messages arrivés sur mon téléphone, mettre de la musique. Mais je dois aussi me concentrer pour ne pas me laisser détourner par mes pensées, ou mes envies. Je dois donc m’engager dans un processus de sélection, ou j’entends mes envies (envie d’un café, envie de mettre de la musique, etc..) j’entends mes doutes, et mes peurs, mais où, au cœur de ces vagues, je maintiens un cap. Je me concentre sur ce cap, et sur l’écriture de mon article.

Si nous maitrisons notre capacité à nous concentrer et l’entrainons, nous pouvons continuer notre progression, notre travail, malgré toutes les perturbations qui nous entourent. Et surtout nous pourrons débloquer notre compétence concentration pour pouvoir l’utiliser de façon consciente (sans attendre le dernier moment comme en combat).

Comment entrainer notre capacité de concentration ?

Cet exercice présenté par mon ami Lucien Daverio, présente une manière (un peu sportive) de travailler sur sa concentration. Le pratiquant est dos au mur, il ne peut pas fuir, et il doit rester concentré pour percevoir les mouvements et les attaques. Il doit également accepter de parfois prendre des coups, mais s’il reste concentré et ne s’arrête pas, ces coups n’ont pas le même impact. Il oblige également à travailler sur la gestion de nos émotions, pour apprendre à ne pas monter en pression, et donc à se déconcentrer. C’est un exercice qui peut s’adapter facilement en intensité en fonction de l’expérience, de la peur, et de la personnalité du pratiquant.

Autres exercices.

Puisque notre capacité à nous concentrer peut être perturbée par ce qui nous déconcentre, nous pouvons travailler à mieux appréhender, recevoir ces informations qui nous déconcentrent.

Pour les informations externes, ce que l’on entend, ce que l’on touche, ce que l’on voit, ce que l’on sent, ce que l’on goute (même si normalement on est rarement surpris par ce que l’on met dans notre bouche).

Nous pouvons nous entrainer à nous concentrer sur chacun de nos sens. Nous entrainer à toucher et ressentir, comme dans notre chisao. Nous pouvons nous entrainer à discerner les différents instruments d’une musique, etc. Pour affuter notre sens et éviter une surcharge sensorielle qui nous déstabiliserait et nous déconcentrerait. 

Pour les perturbations internes, telles que, les peurs, les doutes, « suis-je assez fort », « que vont-ils dire », qui nous font perdre tout autant notre concentration, il faudra un travail sur soi, interne, d’introspection, pour aller voir ce qui dans notre personnalité, est sensible sur ces sujets. De la même façon, une fois ces sujets clairement identifiés, il faudra s’entrainer, traverser ces peurs, pour sentir une progression et ne plus être perturbé dans la poursuite de ses objectifs.

 

Méditer est utile pour faire le tri de ce qui nous déconcentre

Le risque

Il existe une possibilité extrêmement tentante pour qui souhaiterait être imperturbable. Ce serait de couper ce qu’il ressent, par ses sens, et ses émotions. Ne garder que l’objectif et rien d’autre. 

Bien que ce soit utile dans une situation de survie, il est inenvisageable d’aborder tous nos objectifs du quotidien de cette façon. Ce serait une vie de robot, et non d’être humain. L’entrainement serait d’apprendre à mieux appréhender toutes ces choses qui nous touchent pendant notre progression vers notre objectif, et d’en tirer des leçons, sans être perturbé. D’en prendre conscience et pas de nous en couper.

Si nous reprenons notre exemple, pendant mon combat, où mon objectif est de maitriser mon adversaire, je suis concentré sur ma tâche, mais j’entends ce qu’il se passe autour, je ressends le poids de mon adversaire, je le vois lui, mais je perçois ce qu’il se passe autour. 

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