GCP – Ou la puissance combinée des corps

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La vibration de l’énergie du corps

GCP est l’acronyme de Generate Combined Power, générer de la puissance combinée. C’est un exercice popularisé par le maitre d’arts martiaux DK Yoo, au sein de sa méthode WCS, qui permet de ressentir et d’entrainer la synchronisation des différentes articulations du corps, dans le but de développer de la puissance de façon cumulée. Ce concept peut être associé à celui du fajjing en chinois, démocratisé par la pratique du taichi chen et de nombreuses pratiques dites internes.

Le GCP ou fajjing donne des mouvements explosifs, où l’on distingue clairement une vibration monter le long du corps. Avec un peu de pratique, on peut clairement ressentir une vibration dans le corps, monter depuis le sol et vibrer jusque « dans » les articulations. L’intérêt dans les arts martiaux est évidemment de parvenir à diriger cette énergie jusqu’à une frappe , ce qui permet d’obtenir une frappe à l’image des sensations, comme un élastique tendu au maximum et qui claque sèchement d’un coup.

 

Un exercice à faire en conscience 

Il est traditionnellement dit que ce travail doit prendre des dizaines d’années. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je pense que comme tout travail physique, cet exercice est accessible à tous.

Cependant, il convient de respecter une progression et d’avoir travaillé certains exercices en amont, pour être sûr de travailler en sécurité. Il est crucial que le pratiquant ai travaillé de façon profonde la relaxation, la respiration, l’enracinement avant de se lancer dans ce travail. En effet, ces trois exercices, en plus de préparer le corps en profondeur, permettent de commencer à ressentir les mouvements pour soi. C’est à dire que je ne vais plus faire les mouvements « pour l’extérieur » (copier les autres, vouloir impressionner le prof) mais je vais ressentir réellement si je fais bien le mouvement ou non. En fait, cet exercice est tellement personnel et interne, qu’en réalité les profs ne peuvent pas vraiment le corriger. C’est le pratiquant qui ressent et qui va corriger par lui même. Bien souvent les profs feront travailler des variantes d’enracinement, de relaxation ou de respiration pour « débloquer » un mouvement qui circule mal, mais le travail du GCP reste à la responsabilité du pratiquant.

Il est clair que si le pratiquant ne sait pas ressentir, il peut se blesser avec cet exercice. Les charges et décharges d’énergie élastique du corps vont mettre sous pression les moindres petites tensions du corps et parfois dans des parties qu’on pensait inaccessibles. Les vibrations peuvent violemment remonter jusqu’à la base crane si elles sont mal libérées et le manque de respiration peut comprimer le corps de façon interne ce qui pourrait à terme créer des douleurs. Il s’agit donc de respecter son corps et sa progression et de travailler pour soi et soi seul.

 

Le corps sait déjà se synchroniser

Ca a l’air un peu barbare dit comme ça, mais le principe n’est pas si compliqué. Il s’agit en fait d’apprendre à unifier son corps pour accomplir une action. Par exemple, si j’ai besoin de prendre en main mon téléphone, posé sur le bureau à coté de moi. Les articulations qui vont se mettre en action sont l’épaule, le coude et le poignet. Ces articulations comportent des muscles, ligaments, tendons et réseaux myofasciaux, tous interconnectés d’une façon ou d’une autre mais réfléchissons simplement.

Mon téléphone est plutôt léger, donc je vais utiliser uniquement mon épaule pour le soulever. Du moins j’ai la sensation d’utiliser juste mon épaule et ses muscles (en réalité tout mon corps s’active très légèrement même pour un acte anodin mais je ne le sens pas). Comme je pense que le téléphone est léger, je ne vais pas utiliser tout mon potentiel de force , ce serait du gâchis d’énergie.

Maintenant, essayons de porter le bureau sur lequel j’écris. Je vais activer mes muscles autour de mes articulations, comme d’habitude, poignet, coude, épaule, mais je ne perçois toujours pas de résultat, mon bureau ne bouge toujours pas, donc mon corps va automatiquement chercher de la puissance plus bas dans mon corps, dans le grand dorsal, dans les abdos, dans le dos, ma posture change, puis mon corps va chercher dans les jambes, en dépliant les genoux, puis enfin je vais sentir l’appui dans le sol changer.

En fait, nous pouvons voir que ce processus de synchronisation, de travail collectif des articulations, s’effectue déjà naturellement dans le corps, au besoin. Plus le corps perçoit, reçoit des informations provenant de son objectif (porter son téléphone ou quelque chose de plus lourd) plus il va s’adapter et aller chercher de la puissance de plus en plus profondément dans le corps.

On pourrait imaginer que si l’on veut retenir quelqu’un qui nous oppose une résistance par exemple, les mêmes processus s’activent dans le corps. Sauf que dans le cas d’une confrontation, nous n’allons pas recevoir que des informations kinésthésiques (corporelles), mais nous allons aussi être bombardé d’informations sensorielles (cris, bruits, paroles) qui peuvent générer des peurs, du stress, et des réactions émotionnelles, qui peuvent créer de la tension et entraver le processus de synchronisation des articulations.

Dit simplement, quand je dois porter mon téléphone à l’oreille, tout marche de façon très fluide. Quand je dois me confronter à un gros bonhomme agressif, c’est plus stressant, et mon corps, mon esprit et mes émotions peuvent interférer et entraver la bonne circulation des énergies dans mon corps (premièrement à cause de la tension musculaire.)

 

L’importance de l’état mental et émotionnel dans la circulation de l’énergie du corps

Donc nous savons que la puissance combinée du corps est créée en réponse à notre besoin. Nous savons qu’elle est dépendante de plusieurs paramètres : il faut que mon corps physique soit accessible pleinement : que mes articulations soient en bonne santé, mes muscles également. Mais aussi qu’il ne soit pas en tension, stressé. Et là c’est intéressant parce que ça veut dire qu’intérieurement, au niveau mental et émotionnel je dois également être « accessible ». Si je suis en tension mentale ou émotionnelle, cela va se répercuter directement sur mon corps physique, premièrement sous forme de tension physique que l’on arrivera pas à relâcher. Si je n’arrive pas à relâcher la tension physique, j’entrave la pleine mobilité de certaines de mes articulations (n’importe laquelle ça dépend des gens), et donc je perds en puissance.

Donc pour générer de la puissance combinée, je dois combiner mes articulations certes mais je dois également les combiner avec mon état mental et émotionnel, et les trois corps mental, physique, émotionnel, harmonisés, pourront générer de la puissance combinée.

Nous avons décrit le processus en réaction à un besoin (retenir quelqu’un, porter quelque chose).

Maintenant il s’agit de déclencher ce processus de synchronisation volontairement, pour l’entrainer. C’est ce processus que nous entrainons en GCP. Sans sollicitation extérieure, nous nous entrainons à combiner nos articulations pour charger et décharger de l’énergie. Bien évidemment, l’état mental et émotionnel est également pris en compte, et la « tranquillité » mentale et émotionnelle travaillée par la méditation et le travail sur soi permettra aussi de débloquer de meilleurs sensations physiques.

Différents mouvements sont possibles comme la vague, le retour bassin-épaule simple, puis jusqu’au coude, et la frappe, mais également des exercices plus libres ou on improvise et on ressent la circulation du mouvement. Le plus important est de toujours libérer l’énergie vers une direction.

Si vous la libérez « dans le corps », ou si vous la gardez dans le corps, elle va finir par « pourrir », rester dans les articulations, la colonne vertébrale, et ça ne fait pas du bien sur le coup et après coup. L’enracinement, la relaxation, le GCP, tous ces exercices sont différents mais ils nous montrent une chose qu’ils ont en commun, nous ne sommes que des relais pour ces énergies. A nous de ne pas y faire entrave avec nos egos, il s’agit d’un travail personnel, interne, que personne ne peut copier. On peut donc se détendre et bosser pour soi.

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