Se relâcher, s’enraciner, et improviser – partie 1

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Quand on démarre les arts martiaux, on apprend nos techniques, on les répète, les recopie, et on les force dans notre système en quelque sorte. Aujourd’hui les techniques d’arts martiaux sont disponibles partout en vidéo, et c’est facile, si on se l’autorise, d’essayer une technique, simplement pour voir si on est dans la capacité de la faire.

Ce processus est efficace, mais sa faille est que nous nous conditionnons petit à petit à fonctionner par contre-mesures c’est à dire : si je dois bloquer ce coup, je dois connaitre cette technique. Et si le coup est différent, alors je dois apprendre une autre technique, etc, etc…

 

Nous nous conditionnons petit à petit à réfléchir plutôt qu’à ressentir.

Or, dans une situation physique (confrontation quelconque) nous avons plus besoin d’être dans notre physique, prêt à agir, plutôt que dans notre mental. Bien sûr le mental peut être utile dans une confrontation, pour argumenter, parler, mais nous entrons dans un autre domaine qui n’a pas grand chose à voir avec les techniques martiales (blocages, frappes, etc..)

C’est comme si, lorsqu’on a un opposant en face de nous, nous allions chercher la technique dans notre tête, alors que l’on devrait aller la chercher dans notre corps.

Et c’est bien tout le sens de ce que j’essaie d’expliquer ici. Nous sommes déjà trop souvent dans notre tête dans le quotidien, et nous nous en plaignons. Nous pourrions avoir une magnifique porte de sortie avec les arts martiaux mais nous en faisons parfois un terrain de jeu mental, ce qui a en partie ouvert je pense, la voie aux sports de combat, où on se prends moins la tête.

Nous faisons 90% de mental, 10% de ressenti, avons nous essayé l’inverse ?

 

Faire au feeling, comment faire ?

Ou plutôt que ressentir ? Là on ne peut copier personne car les ressentis sont souvent personnels.

Il faut commencer par entrainer sa compétence de relaxation. En effet, comme nous passons le plus clair de notre temps dans notre tête, nous imaginons évidemment que notre corps est relâché, toujours dans le même état. Nous avons 2 états de corps principaux. Tendu et relâché. Mais nous ne sommes jamais à 100% relâché ou à 100% tendu. Dans notre sommeil nous approchons des 100% mais nous ne sommes pas conscient.

Nous sommes donc régulièrement ballotés entre tensions et relaxation, au gré des évènements de la journée. Par son entrainement, il peut être intéressant de reprendre conscience de nos états de corps, pour ensuite mieux les maitriser. Nous pourrons aussi comprendre l’effet des influences extérieures (échanges, relations, évènements) sur notre état de corps.

Je rappelle que plus le corps est en tension, plus les différentes couches musculaires « externes » vont se contracter. Si vous « prenez l’habitude » d’être en tension tous les jours, cette tension va atteindre les couches les plus profondes du corps et limiter la mobilité des articulations. Petit à petit, comme les articulations ne peuvent pas être mobilisées dans leur pleine amplitude de mouvement cela va également se répercuter sur des plus petits muscles stabilisateurs, tendons, ligaments, et différents tissus. Le corps va ainsi rentrer dans un genre de cercle vicieux de la tension, où la tension crée toujours plus de tension. Arrive généralement un jour où ça casse, et nous sommes forcés de nous reposer, on pourrait dire dire, de nous détendre.

SI nous apprenons à ressentir notre état de corps, nous allons sentir à quel moment la tension monte en nous. Et ainsi limiter sa propagation, puis trouver la source de cette tension. Combien de fois on se fait des raideurs, juste parce qu’on s’est pris la tête avec quelqu’un ? La somatisation n’est pas une fatalité, et si on sent ses tensions venir, c’est aussi que l’on peut agir dessus.

D’un point de vue plus martial c’est exactement la même chose, non seulement vous pourrez sentir la tension monter, et la limiter, mais vous pourrez aussi apprendre à mieux la diriger, la contrôler. Comme à l’impact de votre frappe par exemple. Vous pourrez bouger, osciller entre tension, relaxation et tension. Ressentir les mouvements de votre corps, ressentir l’autre au contact, ressentir la profondeur de votre impact à la frappe.

C’est à ce moment que vous pourrez sentir la sollicitation de votre enracinement. Mais j’écris la suite plus tard. En attendant, vous pouvez faire un exercice de relaxation.

Exercice de relaxation rapide

Allongez vous au sol dans un endroit calme. Inspirez par le nez, expirez par la bouche. Détendez vous au maximum puis scannez les parties de votre corps en contact avec le sol. Commencez par l’arrière du crane puis descendez petit à petit le long de votre colonne vertébrale. Vous voulez augmenter la sensation de pression de votre corps dans le sol en détendant vos muscles un à un. En détendant votre tête demandez vous : « Est ce que mon front est relâché à 100% ou puis-je le détendre encore plus ? » « Et mes sourcils, et mes yeux, et ma mâchoire, et ma bouche ? ». 
Et continuez ce travail sur les épaules, les bras, le dos, les fesses, les jambes, toutes les parties du corps en contact avec le sol. 

Pratiquez cet exercice régulièrement jusqu’à sentir une évolution dans votre niveau de relaxation dans votre quotidien. Puis essayez de maintenir votre relaxation au quotidien, et effectuez l’exercice au besoin.

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